Au début des années 1970, le coût de la corrosion était évaluée à 3% de la production mondiale d’acier ce qui laissait supposer une insuffisance dans la connaissance, la technologie et l’application des moyens de l’éviter. 20 ans après, cette évaluation était de l’ordre de 23 milliards d’Euros (4% du PIB – Conférence Club 92) pour la France. Un récent bilan publié dans la revue « Materials Performance » de la NACE (National Association of Corrosion Engineers – Juillet 2002) indique un coût pour les Etats-Unis représentant 3% du PIB.

 

Devons-nous en conclure que les spécialistes de la corrosion n’ont pas réussi à informer, que la technologie n’ a pas progressé, que les moyens n’ ont pas été utilisés ou qu’ un  seuil inférieur est atteint ?

 

Chacun d’entre nous n’a pas arrêté de promouvoir son traitement, des nombreux de colloques, symposiums ou expositions lui ont été consacrés, des articles techniques n’ont pas cessé d’être publiés, des spécialistes éminents ont actualisé ou établi des normes, codes et réglementations techniques.

 

La connaissance des processus de corrosion, la qualité des moyens mis en œuvre, leurs performances et les outils de contrôle ont nettement progressé.

 

Beaucoup de structures métalliques ont fait l’objet d’une étude des risques de corrosion impliquant un choix de matériau, un traitement de la surface exposée à l’électrolyte, une inhibition des agents corrosifs de l’électrolyte ou un dispositif de protection cathodique. Cependant elles sont minoritaires car souvent la conséquence d’ une obligation réglementaire, opérationnelle ou esthétique.

 

Depuis 30 ans, la combinaison d’une expérience plus étendue, de techniques plus perfectionnées et de moyens mieux adaptés de contrôle n’a pas réduit l’impact économique annuel de la corrosion.
 
Paradoxe